4 échecs d’allaitement pour enfin y arriver

Assalamalayki

J’espère que tu te portes bien bi-idhnillah. 

Les échecs d’allaitement sont bien réels. Toutefois il est encore rare d’y prêter attention.

 

Dans nos sociétés où il est aussi simple de donner un biberon que d’acheter une tablette de chocolat, les difficultés rencontraient par les mamans sont laissées de côté.

 

L’une de mes abonnées de mon compte instagram a voulu prendre la parole et vous raconter son histoire.

4 échecs d'allaitement avant de pouvoir allaiter

Salam aleykoum wa rahmatullah wa barahkatuh

J’ai 35 ans et je suis maman de 5 enfants Allah oummabarek.

J’écris aujourd’hui pour vous partager mon expérience et mon aventure de l’allaitement.

Je suis convertie el hamdouliLah malheureusement je n’ai su que très tard l’importance de l’allaitement en islam (ce qui est une des causes de mes échecs d’allaitement), kheir in sha Allah…

Mon premier allaitement

Débuter avec des idées reçues :

En 2009 à la naissance de mon aînée, j’ai souhaité allaiter, cela me semblait naturel…. 

Malheureusement ça ne c‘est pas du tout passé comme je le pensais…. 

À l’époque les réseaux sociaux, l’accès à internet n’était pas aussi développés qu’aujourd’hui. 

Je ne connaissais personne qui allaitait dans mon entourage. Je n’avais jamais entendu parlé d’allaitement à la demande, de confusion sein/tétine, de peau à peau, de cododo….

 

J’ai grandi avec une maman persuadée qu’elle n’avait pas assez de lait pour allaiter ses 3 enfants (alors qu’elle-même manquait sûrement d’info sur le sujet simplement).

 

Ma fille née, je commence l’allaitement. Et là s’accumule les erreurs.

Livrée à moi-même :

  •  Je suis persuadée qu’il faut la faire attendre au moins 2/3h entre chaque tétée. 
  •  Pendant ce laps de temps, je lui donne la tétine pour qu’elle patiente. 
  •  Elle pleure beaucoup ( ben oui elle avait faim meskina ). 
  •  Je ne peux pas la poser dans son berceau. 
  •  Le seul endroit où elle est bien sont mes bras…. 
  •  Je suis épuisée. 
  •  Elle perd beaucoup de poids… 
  •  Le personnel me laisse seule face à ma détresse.

Les premiers biberons :

Au bout de 2/3 jours, on me donne un complément au biberon, qu’elle dévore bien évidemment!!! Elle était tellement calme et apaisée ensuite…

Puis ça recommence, les pleurs, les bras…

Je me sens mal. L’impression d’être une mauvaise mère…

Je n’ai toujours pas de montée de lait (en même temps en donnant le sein uniquement toutes les 3h …) 

Au bout de 5 jours, je suis à bout. 

Elle ne prend pas de poids, ils lui ont donné un autre complément…

Je décide d’arrêter le sein pour donner le biberon en pensant que comme ma mère : je n’ai sûrement pas suffisamment de lait pour pouvoir allaiter…

Fin de l’histoire… Échec d’allaitement.

Les trois allaitements suivants

  • 2012 : naissance de bébé 2. Je n’essaie même pas de le mettre au sein. Au vu de mon échec d’allaitement : je suis persuadée que cela ne peut que mal se passer. Je n’ai toujours personne dans mon entourage pour m’aider, me guider. L’histoire ici est finie, avant même de commencer.
  • 2013 : naissance de bébé 3… Je n’essaie toujours pas de l’allaiter, toujours persuadé que comme ma mère, je n’ai pas assez de lait. Mon deuxième a seulement 15 mois. Je suis en plein début d’ief avec l’aînée. Aucun soutien, je ne suis toujours pas au courant des bienfaits de l’allaitement, de son statut en islam. Bref… L’histoire reste au point mort cette fois encore.
  • 2015 : naissance de bébé 4… Je commence à entendre parler de l’allaitement dans mon entourage grâce aux sœurs que j’ai rencontré Allahoumma Barek. Elles sont jeunes. C’est leur première grossesse. Nous la vivons ensemble, c’est super. Elles souhaitent allaiter, mais moi, je suis toujours persuadée que ce n’est pas possible pour moi. Bébé 4 connaîtra la même histoire que bébé 2 et 3 : au bib dès la naissance !

Toutefois je ne considère pas cela comme des échecs d’allaitement. 

Comme il n’y a pas eu d’essais il ne peut y avoir des échecs.

Bébé 5 : tout change

  • Fin 2017, j’apprends ma 5e grossesse Allah y berek.
  • Cette fois, c’est une évidence, je vais allaiter, je DOIS allaiter !
  • Je décide de me “préparer” à cet allaitement. 
  • Inscription sur une application pour mamans.
  • J’intègre un groupe d’allaitement.
  • Je lis les questions des futures mamans, des jeunes mamans qui démarrent leur allaitement.
  • Moi-même, je pose des questions (allaitement à la demande, cododo, confusion, frein de langue, tire allaitement, pics de croissance)
  • Je me prépare à toutes les possibilités !

Nos débuts en allaitement


Septembre 2018 bébé arrive, je la mets au sein et ça se passe bien. Je l’allaite au moindre signe d’éveil. Mais c’est assez étrange après 4 bébés aux biberons. Toutefois, je suis contente de le faire.


Dix jours après sa naissance, nous recevons de la famille. Cette visite me stresse et j’ai du mal à gérer mon allaitement. Avec mes autres enfants à gérer et la douleur due au frein de langue, je décide de passer au tire allaitement (j’avais prévu un tire-lait au cas où justement) 


Ça se passe bien. Honnêtement, je reprends mes marques en “biberonnant” et je suis contente, car je donne quand même mon lait. Je subviens aux 3 quarts de sa consommation quotidienne, le reste est du lait en poudre.

 

Le tire allaitement se poursuit, je m’organise pour que cela marche, je suis contente de pouvoir lui donner mon lait.

Mon tire lait me lâche

Suite à différents événements, je tire de moins en moins et ne couvre que la moitié de ses besoins.

Mon tire-lait quant à lui, n’est pas du même avis et me lâche. Pour moi, c’est un peu la cata.

Oh, ma fille ne mourra pas de faim, j’ai du lait en poudre, mais par contre j’ai peur de l’engorgement.

Je dois absolument me vider les seins. J’essaie de la remettre au sein sans succès.

À ce moment, ma fille a entre 3 et 4 mois et a passé plus de temps au biberon qu’au sein depuis sa naissance.


On me prête un tire-lait manuel pour me soulager, je tire tant bien que mal.

La sœur qui m’a prêté son tire-lait me dit que je devrais essayer de la remettre au sein. J’essaie, mais ma fille ne le prend que quelques secondes. 

Pour enlever les biberons, je pense à me fabriquer un DAL, mais malheureusement, je ne trouve pas la sonde nécessaire là où je vis.

Je retente des mises au sein

Un soir, j’essaie pour la énième foi de la remettre au sein avant son biberon et là…. Elle tète, pendant 5 bonnes minutes ! Je n’en reviens pas. L’espoir de l’allaiter revient et je suis tellement contente !

À partir de ce moment, je la remets au sein dès que possible en journée, surtout avant les biberons. 

Je tire de moins en moins, car j’en ai marre, soit elle reprend le sein soit je stoppe tout !

Je remarque que ma fille tète mieux et plus longtemps en position allongée. Elle finit souvent par s’endormir. Mon mari étant absent, j’en profite pour faire du cododo.

J‘essaie de l’endormir au sein et lui propose lors de ses réveils. La nuit, nous sommes seules, au calme, ni de cris ni de pleurs. Très vite, elle ne prend plus de biberons la nuit. 

Après mes échecs d’allaitement, c’est une énorme victoire. 

Je continue de lui proposer le sein dans la journée (avant et entre les biberons, lorsqu’elle chouine ou qu’elle est fatiguée).

Petit à petit, les biberons s’espacent et elle a du mal à les finir.

De quatre biberons par jour, on passe à trois, puis deux et au retour de mon mari, un mois plus tard environ, il ne reste qu’un seul biberon sur 24 h.

Une "sérial téteuse"

Ma fille a deux ans et tète encore à la demande, de jour comme de nuit. 

Je me demande comment va se faire le sevrage. Comment cette “serial téteuse” va pouvoir arrêter de téter un jour. 

Je suis fière et heureuse de pouvoir dire que je l’allaite encore et de pouvoir dire que je l’ai fait, après 4 bébés au biberon (et ces échecs d’allaitement).  

J’ai réussi à avoir un allaitement long et d’ailleurs si Allah nous donne d’autres enfants un jour et bien, je ne me vois pas ne pas allaiter.

Le mot de la fin

  • Je remercie Allah de m’avoir permis de vivre un allaitement.
  • Je tiens à remercier grandement la sœur qui m’a soutenue lors de ma remise au sein. Qu’Allah la récompense grandement pour son temps, sa patience, son écoute (je lui laissais des messages vocaux de plusieurs minutes chaque jours miskina pour lui raconter comment cela se passait). 
  • Qu’Allah récompense la sœur du compte “soins d’oummi” pour les infos, astuces et autres qu’elle partage avec vous et de m’avoir donné la possibilité de vous raconter mon histoire.

J’espère que mon expérience aidera certaines mamans à remettre leur bébé au sein si elles ont encore du lait, même en quantité minimum, avec l’aide d’un DAL (ou pas), de la patience et des Douas cela peut se faire même si votre bébé a déjà quelques mois.

Se faire aider :

N’hésitez pas à vous faire aider et soutenir dans votre allaitement, à poser des questions à d’autres mamans et surtout surtout à vous écouter vous et votre bébé. Chaque allaitement est différent, on le vit différemment, nos bébés sont différents, mais n’oubliez pas une chose…

 Allah nous a créé pour cela. Ce sera peut être plus éprouvant pour certaines que pour d’autres mais ça en vaut la peine vraiment.

Pour aller plus loin

Si tu ne souhaites pas vivre d’échecs d’allaitement, je te conseille de suivre cet atelier que j’ai fait pour toi:

“Mes 5 conseils pour bien débuter ton allaitement et ne pas abandonner dès les premières crevasses”

Cela te permettra de débuter sereinement inchaAllah.

 

Et voici un article que j’avais écrit sur les autres utilisations du lait maternel.$

 

Qu’Allah azawajal te préserve et t’épargne des échecs d’allaitement.

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